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  • Zoom sur les Travaux du Laboratoire I-Stem dans les LGMD

    Créé en 2005, le laboratoire I-Stem travaille sur deux grands axes de recherche : la thérapie cellulaire et la pharmacologie ciblée en vue d’applications chez des patients affectés par des maladies rares d’origine génétique. Xavier Nissan, directeur de recherche à I-Stem, nous a accueilli.

     

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    Mandine et Xavier Nissan lors d'un interview pour le LGMD Awareness Day 2018

     

    Les équipes d’I-Stem travaillent actuellement sur plusieurs maladies génétiques qui atteignent différents organes. Cependant, comme nous l’a expliqué Xavier Nissan, la difficulté de notre pathologie réside dans le fait qu’elle touche non pas un organe unique comme les yeux ou le foie mais l’ensemble des muscles du corps humain.

     

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    Xavier Nissan lors de la journée d'informations à Bordeaux-Mérignac

     

    Ce chercheur passionné et très investi a insisté sur la complémentarité des différentes approches de recherche : thérapie génique et pharmacologie qui se nourrissent des connaissances et des recherches des autres.

     

    Tout savoir sur l’approche pharmacologique


    L’approche pharmacologique ne consiste pas à corriger le gène muté (comme c’est la cas dans la thérapie génique) mais à identifier et à trouver des médicaments qui corrigent soit la protéine, soit la fonction qu’elle génère pour enrayer les symptômes de la maladie.

     

    L'idée de départ n’est pas non plus de créer de toute pièce un nouveau médicament (trop coûteux, trop contraignant au niveau de la réglementation et trop long) mais d’essayer de trouver parmi les molécules existantes sur le marché celles qui agissent positivement sur les symptômes des LGMD. On parle de criblage à haut débit et c’est ce qui est réalisé dans leur laboratoire.

     

    Actuellement, le programme de recherche basée sur une approche pharmacologique pour les LGMD mobilise 6 chercheurs qui travaillent principalement sur:

    • l'alpha-sarcoglycanopathie (LGMD R3, ex LGMD2D),
    • la calpaïnopathie (LGMD R1, ex LGMD2A),
    • la dysferlinopathie (LGMD R2, ex LGMD2B)
    • et dernièrement la LGMD R9 liée à la FKRP (ex LGMD2I).

     

    Les premiers résultats obtenus sont prometteurs et ont permis de faire un tri dans les molécules médicamenteuses testées. Néanmoins, l’identification moléculaire n’est que le début du chemin qui mènera, nous l’espérons, vers la mise à disposition d’un traitement.

     

    En effet, la route est encore longue

    Lorsque tous les essais cliniques sont terminés et le bénéfice du traitement avéré, une autorisation de mise sur le marché (AMM) est demandée pour permettre à tous les malades de recevoir le médicament. En Europe, cette demande est faite auprès de l’Agence Européenne du Médicament (EMA), et auprès de la U.S. Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis.

     

    L’AMM n’est donnée que si les agences estiment que le rapport “bénéfice versus risque” penche suffisamment en faveur du bénéfice. Si ce n’est pas le cas, les résultats devront être affinés, voire des essais cliniques devront être recommencés. 


    Encore un peu de patience alors. Mais le premier pas est bel et bien franchi avec succès ! Bravo aux équipes de chercheurs du laboratoire I-Stem et en particulier à l’ensemble de l’équipe de Xavier Nissan. Continuez, on compte sur vous !

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    Et nous, nous n’oublions pas que donner à l’AFM-Téléthon, c’est vous aider !

     

    Tous les dons à l’AFM-Téléthon sont déductibles de nos impôts à hauteur de 66 % du montant du don et dans la limite de 20 % de nos revenus. Le prélèvement à la source mis en place le 1er janvier 2019 ne change rien !

     

    Isa C. & Mandine C.

  • La Thérapie Génique dans les Myopathies des Ceintures

    Zoom sur les travaux du laboratoire Généthon, un des bras armés de l’AFM-Téléthon.


    Né en 1990 et financé quasi-exclusivement par l’AFM-Téléthon, le laboratoire Généthon fait partie de l’Institut des Biothérapies et est un acteur majeur de la thérapie génique pour les maladies rares.


    Le laboratoire Généthon a pour mission de mettre à la disposition des malades, des traitements innovants de thérapie génique. Généthon est aujourd’hui, avec 178 chercheurs, médecins, ingénieurs, spécialistes des affaires réglementaires, un des principaux centres internationaux de recherche et développement préclinique et clinique de la thérapie génique pour les maladies rares. Isabelle Richard, Directrice de recherche à Généthon, nous a accueilli.


    Depuis qu’un chemin semble se dessiner pour traiter toute la masse musculaire d’un individu après les premiers résultats obtenus lors d’essais cliniques de thérapie génique dans l’amyotrophie spinale et la myopathie myotubulaire, l’effervescence se fait sentir. Les projets de thérapie génique pour les myopathies des ceintures (LGMDs) sont passés à la vitesse supérieure. Des essais cliniques pourraient voir le jour dans les années à venir. Nous sommes donc partis enquêter pour faire un état des lieux.


    Tout savoir sur la thérapie génique


    La thérapie génique consiste à insérer dans les cellules d’un malade, une version normale d’un gène qui ne fonctionne pas et qui est donc à l’origine d’une maladie. Les éléments essentiels de la thérapie génique sont :

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    Le transgène - C’est le « gène médicament ». Une fois qu’il a atteint la cellule cible, dans notre cas les cellules musculaires, il va permettre la production d’une protéine fonctionnelle en se substituant au gène malade.

     

    Le vecteur - Il permet au transgène d’atteindre et d’entrer dans la cellule cible. Généralement, on utilise comme vecteur, un virus que l’on a rendu inoffensif. On parle souvent de vecteur viral de type AAV.

     

    Le promoteur - C’est une petite séquence d’ADN associé au « gène médicament » qui va lui permettre de fonctionner une fois dans la cellule malade.


    Actuellement, le programme de recherche de thérapie génique pour les myopathies des ceintures, mobilise une vingtaine de personnes.

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    Mandine et l'équipe d'Isabelle Richard au laboratoire Généthon

     

    Le projet le plus avancé à ce jour est une thérapie génique pour la LGMD R9 liée à la FKRP (ex LGMD2I). Il y a aussi d’autres formes dans le viseur comme la calpaïnopathie LGMD R1 (ex LGMD2A), la gamma-sarcoglycanopathie LGMD R5 (ex LGMD2C) et l’alpha-sarcoglycanopathie LGMD R3 (ex LGMD2D). Et à plus long terme la dysferlinopathie LGMD R2 (ex LGMD2B).

     

    Mais ne vous y détrompez pas, l’aboutissement à un traitement n’est pas un long fleuve tranquille. Une succession d’étapes doivent être franchies avant de pouvoir obtenir l’autorisation de mise sur le marché.

     

    1ere étape : Apporter la preuve de principe

    C’est à dire confirmer chez l’animal le bénéfice du traitement et établir la dose efficace et sûre pour les malades (on parle d’essais précliniques). Des études règlementaires de toxicologie seront aussi nécessaires.

     

    2ieme étape : Mettre au point le procédé de production du traitement

    C’est une étape obligatoire pour la fabrication des lots de traitement qui seront utilisés lors des essais cliniques. A noter que le passage d’une production à petite échelle en laboratoire, à une production industrielle à plus grande échelle, est toujours une étape délicate et semée d’embuches.

     

    3ieme étape : Demande d’essais cliniques auprès des autorités de santé

    C’est seulement à l’issue des deux étapes précédentes, que le niveau de données générées pour démontrer la sécurité et la performance du traitement sera suffisant. Un dossier règlementaire pourra alors être rédigé et soumis auprès de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) en Europe.

     

    Une étape supplémentaire : l’étude d’histoire naturelle est presque tout le temps requise

    En effet, afin de pouvoir démontrer la performance d’un traitement lors d’un essai clinique, des paramètres robustes d’évaluation de l’efficacité doivent être définis. L’étude d’histoire naturelle permet une meilleure compréhension de l’évolution d’une maladie et une meilleure connaissance des troubles des fonctions physiologiques qui surviennent chez les personnes atteintes. Cette étape supplémentaire est d’une grande aide pour les cliniciens qui doivent définir les bons critères d’évaluation pour l’essai clinique.

     

    Bref, on a de quoi en perdre le nord ! Mais l’effervescence autour des myopathies des ceintures est belle et bien là! Bravo aux équipes de chercheurs du laboratoire Généthon et en particulier à l’ensemble de l’équipe d’Isabelle Richard.

     

    Continuez, on compte sur vous !

     

    Mandine C.